Lundi, 04 Avril 2011 09:00
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LETTRE OUVERTE AUX IVOIRIENS:Paix à tous les Citoyens de Côte d’Ivoire !

Depuis la disparition d’Houphouët-Boigny en 1993, la scène politique ivoirienne est dominée abusivement par trois hommes - trois hommes seulement : Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Il suffit de jauger leurs actions destructrices, volontairement posées, pour nous rendre compte qu’aucune de ces personnalités politiques n’a su répondre aux aspirations légitimes du peuple ivoirien. Cet échec a divisé les Ivoiriens en camps ennemis, armés jusqu’aux dents. Et pourtant, le peuple ivoirien est connu pour sa joie de vivre, son humour, son attachement à la paix et son hospitalité. Il est soucieux du devenir de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique. Pourquoi alors cette guerre fratricide, ces massacres, cette souffrance ? Pourquoi cette fulgurante autodestruction ? Au deuxième tour de l’élection présidentielle, un dilemme s’est posé : il fallait choisir entre Gbagbo dont la mauvaise gestion du pays, durant ces dix dernières années, est flagrante, et Ouattara dont le passé politique et la personnalité – en dépit de son alliance avec Bédié - sont controversés dans la partie sud du pays. Le résultat tragique est bien connu. Certains Ivoiriens ont juré fidélité aveugle et meurtrière à l’un ou à l’autre des candidats ! Et cette profonde division a créé une situation invraisemblable : deux présidents, deux premiers ministres, deux gouvernements et deux camps armés dans le même pays. La Côte d’Ivoire est dans le chaos et la honte s’est abattue sur elle et sur tous les Africains. A qui la faute ? L’acharnement de Gbagbo à se maintenir au pouvoir entraîne ses forces armées dans des tueries et une escalade incontrôlée de la violence. Plus rien n’est épargné. Les jeunes sont maintenant embrigadés, prêts à se faire massacrer. En face, les rebelles, favorables à Ouattara, s’engagent dans des combats à l’arme lourde et utilisent des mercenaires. Ces rebelles, qu’on n’a pas réussi à désarmer avant les élections contestées, se rendent, eux aussi, responsables de graves violations des droits de l’homme. L’heure n’est plus au décompte macabre des souffrances causées par les uns et par les autres. L’heure n’est plus aux débats, devenus stériles, sur la légitimité de l’un ou de l’autre protagoniste, sur la primauté de l’une ou l’autre des institutions - le Conseil constitutionnel ou la Commission électorale indépendante et derrière elle, l’ONU. Non ! L’heure est à l’arrêt immédiat et inconditionnel des hostilités ! Seul le peuple ivoirien peut imposer une telle volonté à toutes les parties impliquées dans la crise. Que la destruction de la Côte d’Ivoire et la violence meurtrière dirigée contre sa population cessent de toute urgence. Nul n’a le droit de prendre tout un peuple en otage. Le pouvoir sous Gbagbo ou sous Ouattara vaut-il tant de souffrance ? La solution ultime, la plus constructive, est que Laurent Gbagbo cède le pouvoir dans les meilleurs délais, mais que, dans le même temps, Alassane Ouattara renonce également au pouvoir ! Que les hommes et les femmes ivoiriens de bonne volonté se lèvent et fassent entendre leurs voix et qu’un vaste mouvement national de révolte s’organise enfin pour exiger un cessez-le-feu et demander la mise en place d’une équipe intérimaire. Il faut arrêter d’hypothéquer l’avenir des générations futures. Le pays n’appartient à personne, il appartient à tous les Ivoiriens et à toutes les Ivoiriennes. Oui à la vie, non à la mort ! Véronique Tadjo (Côte d’Ivoire) Ecrivaine, universitaire et Makhily Gassama (Sénégal) Essayiste, ancien Ministre, Ambassadeur
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Dernière modification le Lundi, 04 Avril 2011 09:16
Marcellin Diallo

Marcellin Diallo

Xuli Bët - Rédacteur en chef de la Rue Publique.com

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