Dimanche, 03 Novembre 2013 00:52
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Attention: La diversité des médias au Sénégal, richesse par le…bas? Favori

Il n’est plus à démontrer que le processus démocratique ne saurait se construire en faisant l’économie d’une presse libre et démocratique, communément appelée « le quatrième pouvoir» en raison de son influence grandissante au niveau des instances de décision mais aussi en conclusion de maintes discussions de goorgorlou par un lapidaire: « Je l’ai lu dans les journaux! ».

 

C’est donc là une terrible responsabilité que nos amis journalistes endossent vis-à-vis du citoyen lambda, de la société voire du monde tout entier parce que l’on sait bien que «les paroles s’envolent, les écrits demeurent» pour ne parler que de la presse écrite.

Si notre pays est riche en titres, faut-il en déduire autant de la qualité de nos médias ?

La question se pose quand on voit la profusion des unes des journaux qui renvoient toutes peu ou prou aux mêmes sujets avec une prime au «sensationnalisme» qui constitue du pain béni pour nos chroniqueurs de revues de presse dont les élans lyriques ne le cèdent en rien à la grande tradition de la Commedia dell’arte ! “Biiissssimilahhhhhh …”

Il n’en y a que pour les faits divers et tout est tourné en fait divers. La très sérieuse question des audits qui est un exercice salutaire pour toute démocratie qui se respecte, est présentée en feuilletons avec force détails croustillants sans aucun respect pour la présomption d’innocence, au mépris des familles qui voient le nom de leurs pères, maris, frères, amis traîner dans la boue sur la base de rumeurs, de «on m’a dit»! C’est pas juste! Au moment où nous parlons de communication responsable, au Sénégal, aucun journaliste ne prend ses responsabilités pour dévoiler ses sources au bénéfice du fameux “dêg na….wakhou mako dé” (comme exemple Ahmeth Aidara).

Et c’est peut-être là tout le sens de la question qui va suivre: Peut-il en être autrement à la lumière du profil et du comportement de ceux-là qui, aujourd’hui, hantent les couloirs de ces médias?

Nonobstant la qualité de la formation reçue, formelle ou sur le tas, le journaliste lambda est en général jeune, très pressé de gravir les marches de la célébrité et immodeste. Pressés, les jeunes d’aujourd’hui le sont tous mais pour un journaliste, les conséquences sont incalculables et fortement dommageables.

Pressés d’écrire un papier et d’employer des formules alambiquées pour faire «gros dos» sans se donner la peine la plus élémentaire d’en vérifier la conformité avec l’orthographe, la syntaxe de rigueur ou plus grave même, le sens. Sommes nous alors en face d’une “presse poubelle”? Attention, oui attention!

Pressés de sortir le scoop du mois à l’image du grand reporter qu’ils rêvent de devenir tous, en oubliant au passage le plus élémentaire devoir de recouper l’information avant de la diffuser.

Pressés de faire leurs preuves au point de snober leurs aînés dans ce métier du haut de leur ignorance. Il faut le noter pour s’en féliciter, la presse Sénégalaise est bien riche en titres, Machallah.

Oui, nos médias sont riches d’une coupable suffisance qui les amène plus souvent qu’à leur tour, à se muer en juges implacables de turpitudes dont ils ne sont pas exempts.

Par Cheikh NDAO

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Dernière modification le Dimanche, 03 Novembre 2013 01:00

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