Climat social : le Pouvoir blâmé, le pays enflammé, 2010 l’année de la médiocrité

Mercredi, 29 Décembre 2010 12:27 Marcellin Diallo Télégrammes
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C’est l’année de la médiocrité avec une kyrielle de décisions impopulaires et irréfléchies. L’Etat en décrétant le 25 août la fin de la mendicité dans les rues, a crée un désordre sans précédent dans les rangs des « battù ». Des récriminations et condamnations fusent des mendiants et maîtres coraniques qui jugent cette mesure inopportune et anti-religieuse. Quelques semaines après c’est le président de la république lui-même qui contredit son premier ministre déclarant que la mendicité n’a jamais été interdite au Sénégal. Le pouvoir recule mais reste blâmé par les sociétés civiles et politiques qui multiplient les offensives. Cette année finissante est donc particulièrement noire avec son lot de revendications et de manifestations des populations révoltées face aux inondations et aux coupures intempestives de courant. A Dakar tout comme à l'intérieur du pays, les marches sont incalculables et incontrôlables, elles ouvrent l’année et la referment. Après Guédiawaye et ses imams, Thiés et ses tailleurs, Mbour et ses artisans, Touba et ses commerçants, Kaolack et ses ouvriers ont tous crié leur ras-le-bol face à cette crise de l’énergie. La banlieue submergée par les pluies diluviennes ne pouvait pas aussi se résigner devant ce cortège de malheurs ponctués de délestages récurrents. Les autorités gouvernementales ne pouvaient pas calmer la colère des imams de Guédiawaye qui portent le combat sur leur turban jusqu’à déclencher des émeutes puis boycotter le paiement des factures en septembre 2010. Auparavant, précisément le 21 juillet, le ministre de l'énergie Samuel Sarr annonce devant les parlementaires la  fin des délestages pour le 15 août. Rien n'est fait à date échue. Le ministre monte au créneau pour signaler que ces propos ont été biaisés et qu'il parlait surtout de diminution des coupures.  Plus tard, il renvoie la fin des délestages pour février 2012. Mais les coupures de courant se poursuivent et la piste de sabotages des installations est privilégiée, des enquêtes sont menées mais elles ne donnent rien. Wade sera, ainsi, obligé de limoger le 4 octobre Samuel Sarr. Karim Wade hérite du département de l'énergie, mais le pays reste dans le noir. Un pays qui s’engouffre dans les ténèbres et dans l’obscurantisme avec la guerre absurde en Casamance. 28 ans de conflit, la rébellion continue de faire des massacres au sein des populations civiles, elle termine plutôt l’année 2010 en tristesse. 7 soldats viennent d’être tués. La solution en « cents jours » annoncée au lendemain de l’alternance en 2000, est renvoyée aux calendes grecques. Les routes se montreront plus cruelles, avec des dizaines de braquages et d’accidents répétés durant toute l’année 2010. L’Etat défectueux des routes serait à l’origine de la quasi-totalité des drames routiers.

Ibrahima Benjamin DIAGNE

 

 

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